La gouvernance économique européenne et le rôle de l’Europe face à la crise

Ce 31 mars 2009, une vingtaine de citoyens européens sont venus s’entretenir de gouvernance économique européenne avec Paul Frix, vice-président de l’UEF Belgique et ancien directeur aux Affaires étrangères belges, et avec Eric Van Den Abeele, attaché à la Représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne. Loris di Pietrantonio, administrateur principal à la Commission européenne modère le débat.
Il ressort des discussions que l’Europe n’est pas en mesure de faire face à la crise avec les instruments dont elle dispose: le budget européen est beaucoup trop limité et de nombreux aspects de l’économie (fiscalité, protection sociale, emploi) ne relèvent  pas de sa compétence mais de celles des Etats membres. Alors que ses prises de position et déclarations sont pertinentes, la gouvernance économique de l’Union européenne manque d’efficacité. L’Europe a une monnaie unique, des règles de concurrence rigoureuses, un marché intérieur et des restrictions sévères sur les aides d’état. Mais son fonctionnement est trop souvent mis à défi par des marchandages nationalistes et protectionnistes allant à l’encontre d’une stratégie commune.
En outre, les plans de relance économique apparaissent comme très modestes dans l’UE et ils sont essentiellement soutenus par les Etats membres: seuls 5% de ces plans sont issus de fonds communs. Un effet levier sur l’économie ne peut pas être atteint avec un budget européen d’1% du PIB de l’UE alors que, à titre de comparaison, le budget fédéral des Etats-Unis atteint aujourd’hui 25% du PIB des USA (il était de 1% du PIB dans les années ‘30).
L’économie globale est aujourd’hui virtuelle, mobile et digitale, déconnectant de plus en plus le capital et le travail. La compression des salaires dans les pays émergents et leur monnaie sous-évaluée permettent aux Européens de consommer à bas prix. Le monde s’enrichit, même si les disparités augmentent. Ces pays sont aujourd’hui en phase de développer leur demande intérieure. Le modèle atteint ses limites. L’Europe doit évoluer ou elle risque d’être marginalisée.
Les problèmes planétaires peuvent utilement faire changer les choses en termes de démocratie et de subsidiarité top down et bottom up, si la société se recentre sur les besoins essentiels et décide pour chaque domaine le niveau d’intervention : local, national, européen ou mondial.
En s’appuyant sur une économie réelle durable et en pratiquant le sélectionnisme, l’Europe peut tirer profit de la conjoncture. Un new deal en termes de gouvernance économique centré sur la personne, réfléchi sur le long terme et dans l’espace, pourrait améliorer la lisibilité de l’intervention européenne. Ce new deal  devrait combiner:
Un objectif de bien-être (well-being) et de prospérité économique (wellfare) au centre d’une politique économique et industrielle politiquement, socialement, et écologiquement durable;
une relance, au niveau européen, du débat sur un fédéralisme de l’essentiel qui assure l’efficacité et la cohérence des politiques économiques ;
une augmentation du budget européen à 5% du PIB de l’UE permettant d’utiliser efficacement l’effet levier des interventions politiques communes.
Motivation
Je me demande comment le citoyen perçoit le niveau politique européen. Que sait-il ? S’intéresse-il à l’Europe ? Faut-il s’intéresser au niveau politique européen et en comprendre les enjeux pour exercer son devoir civique?
Bien que le rôle du Parlement européen s’accentue, le citoyen semble se détacher de ce niveau de pouvoir. Que ce soit en Belgique où l’opinion publique est plutôt favorable à l’intégration européenne, dans les pays où l’euroscepticisme est fort ou dans les pays divisés sur la question, la présence aux urnes est en baisse. La campagne électorale pour le Parlement européen en Belgique a été quasi inexistante.
J’ai voulu renverser la tendance, en proposant un “salon politique européen” où l’on parlerait d’intégration communautaire. Encouragée par un groupe d’anciens étudiants des Facultés universitaires Saint Louis à Bruxelles et par la section belge de l’Union des fédéralistes européens (UEF.be), j’ai invité amis et connaissances à débattre des grands sujets de l’Europe d’aujourd’hui.
Cette soirée-débat a contribué à me convaincre de l’importance d’entretenir un dialogue sur l’Europe au niveau du citoyen, et d’y parler de politique au sens large. Réfléchir à l’avenir de la société et du projet européen n’est pas seulement du ressort des techniciens. Je suis chaque jour plus convaincue, et les conclusions du débat le confirment, que les grands enjeux de l’Europe de demain requièrent une Europe sans cesse plus unie et, surtout, plus fédérale.

fnastriCe 31 mars 2009, une vingtaine de citoyens européens sont venus s’entretenir de gouvernance économique européenne avec Paul Frix, vice-président de l’UEF Belgique et ancien directeur aux Affaires étrangères belges, et avec Eric Van Den Abeele, attaché à la Représentation permanente de la Belgique auprès de l’Union européenne. Loris di Pietrantonio, administrateur principal à la Commission européenne modère le débat.

Il ressort des discussions que l’Europe n’est pas en mesure de faire face à la crise avec les instruments dont elle dispose: le budget européen est beaucoup trop limité et de nombreux aspects de l’économie (fiscalité, protection sociale, emploi) ne relèvent  pas de sa compétence mais de celles des Etats membres. Alors que ses prises de position et déclarations sont pertinentes, la gouvernance économique de l’Union européenne manque d’efficacité. L’Europe a une monnaie unique, des règles de concurrence rigoureuses, un marché intérieur et des restrictions sévères sur les aides d’état. Mais son fonctionnement est trop souvent mis à défi par des marchandages nationalistes et protectionnistes allant à l’encontre d’une stratégie commune.

En outre, les plans de relance économique apparaissent comme très modestes dans l’UE et ils sont essentiellement soutenus par les Etats membres: seuls 5% de ces plans sont issus de fonds communs. Un effet levier sur l’économie ne peut pas être atteint avec un budget européen d’1% du PIB de l’UE alors que, à titre de comparaison, le budget fédéral des Etats-Unis atteint aujourd’hui 25% du PIB des USA (il était de 1% du PIB dans les années ‘30).

L’économie globale est aujourd’hui virtuelle, mobile et digitale, déconnectant de plus en plus le capital et le travail. La compression des salaires dans les pays émergents et leur monnaie sous-évaluée permettent aux Européens de consommer à bas prix. Le monde s’enrichit, même si les disparités augmentent. Ces pays sont aujourd’hui en phase de développer leur demande intérieure. Le modèle atteint ses limites. L’Europe doit évoluer ou elle risque d’être marginalisée.

Les problèmes planétaires peuvent utilement faire changer les choses en termes de démocratie et de subsidiarité top down et bottom up, si la société se recentre sur les besoins essentiels et décide pour chaque domaine le niveau d’intervention : local, national, européen ou mondial.

En s’appuyant sur une économie réelle durable et en pratiquant le sélectionnisme, l’Europe peut tirer profit de la conjoncture. Un new deal en termes de gouvernance économique centré sur la personne, réfléchi sur le long terme et dans l’espace, pourrait améliorer la lisibilité de l’intervention européenne. Ce new deal  devrait combiner:

Un objectif de bien-être (well-being) et de prospérité économique (wellfare) au centre d’une politique économique et industrielle politiquement, socialement, et écologiquement durable;

une relance, au niveau européen, du débat sur un fédéralisme de l’essentiel qui assure l’efficacité et la cohérence des politiques économiques ;

une augmentation du budget européen à 5% du PIB de l’UE permettant d’utiliser efficacement l’effet levier des interventions politiques communes.

Motivation

Je me demande comment le citoyen perçoit le niveau politique européen. Que sait-il ? S’intéresse-il à l’Europe ? Faut-il s’intéresser au niveau politique européen et en comprendre les enjeux pour exercer son devoir civique?

Bien que le rôle du Parlement européen s’accentue, le citoyen semble se détacher de ce niveau de pouvoir. Que ce soit en Belgique où l’opinion publique est plutôt favorable à l’intégration européenne, dans les pays où l’euroscepticisme est fort ou dans les pays divisés sur la question, la présence aux urnes est en baisse. La campagne électorale pour le Parlement européen en Belgique a été quasi inexistante.

J’ai voulu renverser la tendance, en proposant un “salon politique européen” où l’on parlerait d’intégration communautaire. Encouragée par un groupe d’anciens étudiants des Facultés universitaires Saint Louis à Bruxelles et par la section belge de l’Union des fédéralistes européens (UEF.be), j’ai invité amis et connaissances à débattre des grands sujets de l’Europe d’aujourd’hui.

Cette soirée-débat a contribué à me convaincre de l’importance d’entretenir un dialogue sur l’Europe au niveau du citoyen, et d’y parler de politique au sens large. Réfléchir à l’avenir de la société et du projet européen n’est pas seulement du ressort des techniciens. Je suis chaque jour plus convaincue, et les conclusions du débat le confirment, que les grands enjeux de l’Europe de demain requièrent une Europe sans cesse plus unie et, surtout, plus fédérale.

Francesca Nastri,
Administrateur délégué UEF-Belgique

September 1, 2009   Posted in: Articles

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